Il vous faudra plus de six heures, soit un aller-retour entre Clermont-Ferrand (la ville de naissance de l’auteur) et Paris, pour lire « Les idées qui sauvent » de Nicolas Bordas, paru en février 2026 aux éditions Novice. Ce pavé de 500 pages est un florilège des 52 idées parmi celles publiées sur LinkedIn dans la newsletter de l’auteur.

Présentation du livre par l’éditeur

Et si une idée pouvait tout changer : notre regard sur l’époque, notre manière de vivre, notre façon d’agir. Ce livre rassemble 52 idées pour mieux habiter le monde, réinventer nos liens et retrouver le goût du commun. Inspirées d’essais français et internationaux, nourries par les grands penseurs d’hier et d’aujourd’hui, ces idées disruptives réveillent notre conscience, bousculent nos certitudes et nous ouvrent à des chemins d’action concrets.

De la force du compromis à la puissance de la nuance, du sens de la vie au pouvoir du silence, de la sagesse de l’erreur à l’audace du doute, elles nous invitent à devenir de meilleurs ancêtres pour les générations futures, à réhabiliter les vertus du vivant et à participer à la transformation du monde.

Réunies pour la première fois dans un ouvrage ces idées qui sauvent dessinent une cartographie sensible et engagée d’un monde en pleine mutation.

Les bonnes raisons de lire « Les idées qui sauvent » de Nicolas Bordas

Parce que l’auteur est un professionnel des idées. Nicolas Bordas n’en est pas à son coup d’essai : après 45 ans de carrière dans des agences de publicité créatives de premier plan (Saatchi & Saatchi, BDDP, TBWA), il est aussi l’auteur du livre « L’idée qui tue ! : Politique, business, culture… Les secrets des idées qui durent » (2009 aux éditions Eyrolles). Depuis plusieurs années, il partage chaque semaine une idée disruptive à ses centaines de milliers d’abonnés LinkedIn via sa newsletter « The killer idea ! ». « Les idées qui sauvent » est le florilège de ce travail hebdomadaire. Nicolas Bordas a passé sa carrière à fabriquer et vendre des idées qui marquent (« à 360 degrés et 365 jours par an » disait-il à l’occasion de la publication de son premier livre, lors de ma première rencontre avec lui), il choisit aujourd’hui de mettre ce savoir-faire au service d’idées qui, cette fois, ne cherchent plus à se distinguer commercialement mais à réparer.

Parce que le titre est un pivot assumé. Passer de « L’idée qui tue » à « Les idées qui sauvent », ce n’est pas un hasard et le mouvement est extrême, comme passer de la guerre des marques à la paix des âmes. C’est le mouvement qu’opèrent les entreprises de la même façon depuis quelques années et que je décris dans mon exercice de tendances chaque année ou au travers de mes lectures. Pour revenir au pivot plus personnel de l’auteur, je dirais que ce choix de titre est le résumé d’une trajectoire, celle d’un publicitaire qui a longtemps mis son talent au service de la performance commerciale et qui choisit dans sa nouvelle vie professionnelle, de le mettre au service du collectif et du bien commun. J’apprécie d’autant mieux le pivot car je lisais en 1984 le livre Le Saut créatif – Ces idées publicitaires qui valent des milliards de Jean-Marie Dru, avec qui Nicolas Bordas s’est associé. Un autre monde, une autre époque et une heureuse trajectoire. Il ne m’a pas échappé que le slogan de sa nouvelle agence Idealist Paris est « De l’Idée à l’Idéal », un autre signe de la bascule opérée par l’auteur.

C’est donc pour Nicolas Bordas le temps de la prise de hauteur et de la transmission et comme le dit Cicéron, « La meilleure armure de la vieillesse est une vie bien remplie, consacrée aux actions honorables et à la pratique de la vertu. »

Parce qu’il fait le pari de la nuance à contre-courant de l’époque. Parmi les 52 idées, plusieurs semblent taillées pour mieux vivre dans notre époque de polarisation et de conflit. « Et si on réhabilitait la puissance de la nuance ? », « Et si l’ambiguïté était une vertu à cultiver ? », « Et si nous apprenions à dépolariser la société ? », « Et si nous habitions le point d’interrogation ? » ou encore « Et si nous cessions d’opposer les générations ? », autant de chapitres passionnants parmi mes préférés et qui défendent le parti de l’intelligence et invitent à la prise de hauteur sur notre quotidien.

Parce que c’est le Seth Godin français. Je le confesse depuis longtemps sur ce blog, Seth Godin est mon gourou et j’en suis le disciple (titre de mon billet de février 2010). Seth Godin est une plume américaine iconoclaste qui distille depuis des décennies des idées courtes, denses et parfois dérangeantes sur le marketing et l’entreprise, au rythme d’un billet quotidien sur son blog. Il y a une claire filiation entre Nicolas Bordas et Seth Godin, ne serait-ce que sur le style et la forme : même format d’expression courte, taillée pour être partagée et retenue ; même art de la formule. Deux publicitaires devenus publicistes qui ont fait du partage de leurs idées un art et un métier. On ne s’étonnera pas de trouver une des 52 idées en écho à celle de Seth Godin dans son livre The Song of Significance: A New Manifesto for Teams (publié en français sous le titre Qu’est-il arrivé au management ?). Cependant, Nicolas Bordas est bien un auteur français. Là où Seth Godin développe sa pensée singulière, dans des formats courts ou ultra thématisés à l’américaine si je puis dire, Nicolas Bordas nous invite avec talent à réfléchir par nous-même davantage et n’est pas avare de citations, de références littéraires ou philosophiques. Rien d’étonnant à trouver dans Les idées qui sauvent une référence à Sophie Nordmann et son livre La vocation de philosophe. Il la cite : « La philosophie est l’interstice par lequel une bouffée d’oxygène peut entrer et raviver une pensée qui s’asphyxie », puis il ajoute « Au fond, c’est cela que j’ai voulu faire ici : maintenir ouvertes ces interstices, ces espaces d’air dans un monde saturé de discours. »

Parce qu’il parle, en creux, à tous les professionnels de l’expérience client et de la culture client. Plus j’avance dans mon nouveau métier de consultant et de conférencier depuis 15 ans, moins je parle de technologie, d’outils et de process. Quand j’y repense, j’ai fait le même chemin sur mon blog depuis 20 ans. Je partage de plus en plus de contenu sur des sujets touchant davantage à l’humain, aux relations entre individus et aux mouvements des écosystèmes dans lesquels mes clients évoluent. Et si vous lisez mes chroniques de livres, il y a de moins en moins de livres techniques et de plus en plus d’essais signés par des philosophes. Nicolas Bordas me conforte et m’inspire dans ce nouveau chemin. Les chapitres les plus inspirants pour les professionnels de la relation client et de la culture client sont : « Et si on apprenait à bien se tromper ? », « Et si la critique pouvait redevenir constructive ? », « Et si tous les conflits étaient solubles dans le dialogue ? », « Et si les rituels rendaient le monde plus habitable ? », « Et si nous remettions de l’élégance dans nos relations ? » (comme en écho au livre que j’ai chroniqué récemment Non merci je regarde), « Et si la collaboration était l’ennemie de la coopération ? » (un de mes thèmes favoris), « Et si on remplaçait le culte de la performance par la quête de robustesse ? ». Le style de Nicolas Bordas est accessible, son contenu est foisonnant, il s’inscrit dans la catégorie que j’aime et dans laquelle je place Charles Pépin et Bruno Patino (retrouvez en fin d’article les liens vers mes chroniques). Nous avons besoin de leurs livres pour nous extraire de notre métier, pour nous inspirer et nous rendre tout simplement plus ambitieux dans notre action.

Parce que sa conclusion est un signe qui m’enchante. En février dernier, lors d’un de mes voyages en train, je croise Nicolas Bordas, assis à quelques places de moi. Si je le lis régulièrement, nous n’avons jamais travaillé ensemble, tout au plus échangé lors de réunions professionnelles. Je le félicite pour son livre que je venais de commander et je lui fais la promesse de lui envoyer le mien. Le dernier chapitre de son livre s’intitule « Et s’il n’était jamais trop tard pour dire merci ? ». Heureuse convergence entre nous, signe des temps, ou plutôt signe de notre temps professionnel. Nous avons éprouvé le besoin d’exprimer notre gratitude, comme Jacques Attali (auquel il fait référence) et dont l’avant dernier livre s’intitule « Philosophie de la gratitude: Soyez toujours reconnaissant, soyez parfois ingrat ». Nicolas Bordas dans sa conclusion, Jacques Attali dans un essai savant et moi dans mon modeste livre « Merci. Petites et grandes histoires de l’expression de la gratitude. » nous défendons ce mot modeste et puissant.

En résumé

Dans son livre Les idées qui sauvent, Nicolas Bordas met son talent de publicitaire au service d’idées qui cherchent moins à convaincre qu’à réparer. À travers 52 réflexions accessibles et stimulantes, il défend la nuance, le dialogue, la coopération et une certaine idée du bien commun. Un livre inspirant qui intéressera les professionnels de la relation client et de la culture client, invités à donner du sens à leur action.

Je vous recommande le lecture de ce livre à poser sur votre table de chevet et à lire en une traite ou à découvrir en 52 semaines. Pour le commander tout de suite, suivez ce lien.

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1228è billet du blog Sens du client, le blog des passionnées et des passionnés de relation, de culture et d’expérience client. Il décrypte les pratiques, tendances et convictions qui transforment réellement l’expérience vécue par les clients.

Thierry Spencer est conférencier et expert reconnu de la relation et de l’expérience client. Auteur du blog Sens du client depuis 2006, consultant et cofondateur de KPAM Next, il intervient auprès des entreprises pour décrypter les attentes des clients – via son exercice de tendances – et inspirer des pratiques concrètes sur le thème de la culture client.